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Aménagements passés et dysfonctionnements présents

Les moulins et l’aménagement de la Reyssouze

Depuis plusieurs centaines d’années, des moulins existent sur la Reyssouze. Les documents les plus anciens indiquent une activité au moulin Mantenay depuis 1435.
La rivière a entraîné jusqu’à 37 ouvrages. Aujourd’hui, il n’en reste que 23 dont 2 ont encore une activité partielle.
L’implantation de tous ces moulins permet de dire que la Reyssouze est une rivière construite.

L’implantation des moulins a profondément modifié le tracé de la Reyssouze.
En effet, un moulin fonctionne grace à une chute d’eau. Or, la force de l’eau est proportionnelle à la hauteur de la chute.
Sur les rivières de plaine comme la Reyssouze, pour augmenter le dénivelé entre l’amont et l’aval du moulin, l’homme a déplacé le cours des rivières sur les flancs la vallée. De ce fait, sur certains secteurs, la rivière ne coule plus au fond de la vallée. Certaines prairies sont par conséquent en dessous du niveau de la rivière. Sur les cartes IGN, l’ancien lit de la rivière se devine encore. Cet ancien lit, parfois encore en eau, s’appelle une morte ou vieille Reyssouze.

Les moulins modifient la dynamique de la rivière. En amont des ouvrages, l’écoulement de l’eau se fait plus lentement alors qu’en aval il est au contraire plus rapide.
Avec le temps, l’activité de tous ces moulins a cessé. Ils ne sont plus entretenus. Certains vannages sont aujourd’hui en mauvais état et les moulins ne jouent plus leur rôle de régulateurs. Ils accentuent les inondations et ne maintiennent plus les débits d’étiage.
Pouvant être facteurs de dysfonctionnement et pouvant modifier l’écologie de la Reyssouze, ces moulins ont fait l’objet d’une attention particulière lors du premier contrat de rivière (automatisation, mise en place de vanne "clapet",....).

Les curages et recalibrages :

Entre 1956 et 1962 puis entre 1981et 1989, la Reyssouze a été curée et élargie pour limiter les inondations. Ce procédé étaient également largement utilisé sur l’ensemble des cours d’eau du bassin versant.
En fait, les curages prévus pour diminuer les crues ne font que déplacer les problèmes vers l’aval en accélérant l’évacuation des eaux.
De plus, ils détruisent la morphologie de la rivière. Le profil de cette dernière devient uniforme : la succession de rapides et de fosses est supprimée. Les habitats de nombreuses espèces animales sont détruits. D’importants phénomènes d’incision apparaissent.
curage

L’urbanisation croissante

L’urbanisation a aussi une part de responsabilité importante dans la dégradation de la Reyssouze.
Elle entraîne une imperméabilisation des sols (routes, parkings, toitures, ..). Depuis 1970, les superficies naturelles sur le bassin de la Reyssouze (prairies, forêts) ont diminué de 3950 ha au profit de surfaces imperméabilisées. Lorsqu’il pleut, l’eau ne s’infiltre plus, elle est canalisée puis concentrée en certains lieux. Parallèlement, les zones inondables sont bâties (zones industrielles ou lotissements à faibles prix). La sévérité des crues ne cesse de croître.
Bourg-en-Bresse - 1941
Bourg-en-Bresse - 2000
La concentration des populations concentre par ailleurs les rejets polluants (domestiques, industriels). Les stations d’épurations anciennes ou devenues, par la force des choses, sous-dimensionnées ne jouent plus leur rôle. Pollution et "eutrophisation" augmentent.

La modification des pratiques agricoles

Associées à l’urbanisation, les modifications des pratiques agricoles sont aussi une des causes du dysfonctionnement de la Reyssouze.
L’intensification et les modifications des pratiques agricoles remplacent les prairies inondables des bords de la Reyssouze par des champs de maïs et des peupleraies. 7300 ha de prairies permanentes ont disparues au profit de 3800 ha de terres labourables (qui augmentent le ruissellement lorsque le sol est nu). La flore sauvage caractéristique des bord de rivières s’appauvrit parallèlement.


Les champs sont drainés, les haies supprimées. Entre 1979 et 1988 les surfaces drainées ont été triplées. Elles atteignent 9 % du territoire. Si l’impact du drainage sur le ruissellement est difficile à quantifier, le curage des fossés agricole qui l’accompagne entraîne, lui, une accélération des écoulements de surface.
Les sols compactés sous le poids des engins et complètement désherbés en hiver favorisent, par ailleurs, le ruissellement des eaux de pluie et accélèrent les crues.
Cultures et élevages intensifs favorisent le sur-emploi d’engrais et de phytosanitaires. Leurs mauvaises utilisations augmentent la pollution et l’eutrophisation.

La disparition de la ripisylve

L’écosystème Reyssouze montre des signes de dysfonctionnement : pollution élevée, crues fréquentes, faune peu diversifiée, ... Ceci est essentiellement dû aux modifications et dégradations subies par cet écosystème . Une des causes principales est la disparition de la ripisylve due aux différents aménagements humains.
La suppression de la ripisylve entraîne une augmentation de la température de l’eau et de son ensoleillement. Les produits phytosanitaires et les nutriments (nitrates, phosphates) qui sont véhiculés par les eaux souterraines, de la plaine vers la rivière, ne sont plus fixés par le réseau racinaire des végétaux. Ceci favorise alors l’eutrophisation de la rivière.
La suppression des haies et de la ripisylve amplifie et accélère par ailleurs les crues.
absence de ripisylve

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