Classification
Règne : Animalia
Embranchement : Arthropoda
Sous-embranchement : Crustacea
Classe : Malacostraca
Sous-classe : Eumalacostraca
Super-ordre : Eucarida
Ordre : Decapoda
Sous-ordre : Pleocyemata
Infra-ordre : Astacidea
Super-famille : Astacoidea
Famille : Cambaridae
Genre : Procambarus
Espèce : Clarkii
Historique d’invasion
Originaire du sud-est des États-Unis, l’écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii), très résistante et très prolifique, a été largement répandue en Asie (Chine), en Afrique (Kenya) et en Europe (Espagne en 1973 et France en 1976) à des fins d’élevage. Elle se propage rapidement depuis et elle poursuit aujourd’hui sa progression sur l’ensemble du pays.
Morphologie et physiologie
De couleur rouge (parfois bleutée ou violacée), l’écrevisse de Louisiane a une durée de vie de 3 à 5 ans. Mesurant 6 à 12 cm (sans les pinces), elle pèse en moyenne 25g, certains spécimens pouvant dépasser 50g. Ses puissantes pinces sont granuleuses et couvertes de taches rouges.
(détermination : Face ventrale rouge - Rostre à bords lisses et convergents vers l’apex - une seule crète post-orbitale - un ergot proeminant sur le carpopodite - les mâles affichent un éperon sur le deuxième article de la 3ème et 4ème paires de pattes)
Pouvant être mature dès 2.5 mois (suivant les conditions), et apte à la reproduction toute l’année, les femelles pondent deux fois par an (jusqu’à 700 œufs par femelle)
Habitat
les marécages constituent son habitat naturel, mais elle a une énorme capacité à s’adapter parfaitement à tous les milieux aquatiques. Peu exigeante, elle s’accommode de milieux très variés, pourvus de substrats meubles pour y creuser des terriers très profonds (40 à 150 cm, voir plus). Les étangs, les canaux et les lacs peu profonds représentent ses milieux de prédilection.
Elle résiste à des conditions extrêmes (assec de plus de 4 mois et température < -10°C) en s’enfouissant.
Elle supporte également des doses très importantes de polluants (y compris de nombreux produits phytosanitaires). Elle préfère même les eaux victimes de l’activité humaine, riches en matière organique et pauvres en oxygène.
Comportement
Après l’éclosion des œufs, les jeunes restent pendant 2 mois avec la mère dans la galerie. Contrairement aux autres espèces, elle peut creuser des galeries en dehors de l’eau et y rester jusqu’à quatre mois en période de sécheresse.
Très mobile, elle peut entreprendre des déplacements importants sur la terre ferme pour coloniser de nouveaux territoires. (pouvant parcourir jusqu’à 4km/jour, et vivre 4 jours hors de l’eau.)
Omnivore, son mode de prédation est sélectif et successif : elle épuise les ressources alimentaires les unes après les autres : se nourrissant de préférence des herbiers aquatiques, elle s’attaque ensuite à d’autres proies (mollusques, têtards de grenouilles, oeufs et jeunes poissons, insectes, larves diverses...).
Prédateurs
L’écrevisse rouge de Louisiane est très sensible à la prédation du fait notamment qu’elle vive sous une faible hauteur d’eau et les prédateurs peuvent être nombreux (dont elle-même : cannibalisme fréquent). Insectes aquatiques et crustacés pour les juvéniles - amphibiens, serpents d’eau, certains mammifères (loutre, rat musqué), poissons (black-bass, poisson chat, ...), et oiseaux (Hérons et aigrettes étant des plus redoutables) pour les adultes.
Impacts et menaces
L’écrevisse rouge de Louisiane cause de profonds déséquilibres dans un écosystème :
les terriers fragilisent berges et digues qui peuvent finir par s’affaisser...
la végétation aquatique est une source alimentaire et un refuge pour de nombreuses espèces (poissons, insectes, amphibiens, canards,...) et sa disparition les rend vulnérables.
Prédatrice agressive, elle menace les écrevisses locales et détruit oeufs et jeunes poissons
L’écrevisse de Louisiane est également porteuse saine de la peste des écrevisses. Elle favorise sa transmission aux populations locales très sensibles (l’écrevisse à pieds blancs et l’écrevisse à pattes rouges notamment) et déjà fortement décimées.
Espèce classée nuisible
L’état considère l’écrevisse rouge de Louisiane comme une « espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques » (article R-232-3 du Code de l’Environnement). La législation interdit donc l’importation, le transport et la commercialisation à l’état vivant de cette écrevisse (arrêté du 21 juillet 1983).
Lutte
Impossible à éradiquer lorsqu’elle est massivement installée, il est encore possible, et surtout nécessaire, de ralentir sa progression pour réduire son impact sur notre environnement, lorsqu’elle commence à être observée. Un piégeage très lourd peu la fragiliser (en étang seulement)
Ce que chacun peut faire ...
Le succès de cette lutte repose sur tous : propriétaires, pisciculteurs, habitants, pêcheurs, chasseurs, promeneurs...
Chacun d’entre nous peut en effet agir, simplement et dès maintenant :
en n’introduisant jamais chez soi ou en milieu naturel des écrevisses récupérées lors d’une vidange d’étang
en n’utilisant pas d’écrevisses, même mortes, comme leurres pour la pêche
en piégeant les écrevisses par nasses et en les détruisant sur place
en maintenant une population assez importante de poissons carnassiers
en informant de sa présence la Fédération Départementale de Pêche
L’écrevisse rouge de Louisiane sur le bassin versant de la Reyssouze
Poursuivant sa progression sur l’ensemble du pays, déjà présente en Saône, récemment répertoriée dans le Formans et en Dombes, l’écrevisse rouge de Louisiane a également été observée dans plusieurs points du bassin versant de la Reyssouze (notamment certains plans d’eau entre St-Triviers-de-Courtes et Servignat)
Bien que très désarmé face à cette invasive, la sensibilisation reste un moyen sûr de limiter ou ralentir les dégâts.
Avant que comme sur d’autres secteurs géographiques, sa présence trop importante induise rapidement une situation irréversible, limitons sa progression sur le bassin versant de la Reyssouze en appliquant les quelques principes du paragraphe précédent.
La Fédération de Pêche de l’Ain a d’ailleurs édité l’affiche d’information et de sensibilisation ci-dessous à diffuser largement

Version imprimable