La Renouée est une plante invasive qui prolifère très facilement et très rapidement. De plus, il n’est pas possible de la contenir. Les foyers se multiplient notamment le long des axes de communications (réseaux ferrés, réseaux routiers) et aux bords des rivières. L’invasion des cours d’eau est très problématique.
(Cette page a en partie été réalisée à partir du document de séance de Mme Florence Piola, Maître de Conférence à l’Université Claude Bernard Lyon 1 - journée "Renouées du Japon : Gestion et lutte" organisée en juin 2010 par l’Association Rivière Rhône Alpes)
Historique d’invasion :
Naturellement présente à l’est du continent asiatique, la renouée du Japon est introduite en Angleterre en 1840 par Phillip Von Siebold sous le nom Polygonum sieboldii (nom qui évoluera ensuite en Polygonum cuspidatum, puis Reynoutria japonica et Fallopia japonica).
En 1847, Polygonum sieboldii recevra même la médaille d’or de la Société d’Agriculture et d’Horticulture à Utrech pour "the most interesting new ornemental plant of the year"
Dès 1848, la renouée est commercialisé en Europe.
A partir de 1859, la renouée de sakhaline (Fallopia sachalinensis) (île russe située dans le nord-ouest de l’océan Pacifique, au large de la Sibérie) est aussi largement introduite en Europe.
Dispersée par les différentes activités humaines, le phénomène d’invasion s’est accéléré après 1950.
Evolution post-invasion
Hybridation interspécifique entre la renouée du Japon et la renouée de Sakhaline qui résulte sur un complexe d’hybrides polyploïdes : la renouée de bohème.
Morphologie :
Stratégies d’invasion
dispersion :
........... - de fragments végétatifs (tiges arrachées ou enfouies et surtout fragments de rhizomes (à partir de 0.7 g))
........... - des akènes fertiles
Pouvoir de contamination :
- graines : faible
- tiges : important
- rhizomes : très important
le cours d’eau favorise l’expansion de la zone d’invasion (second mécanisme de dispersion). Il permet également de contourner les difficultés de germinations rencontrées en condition terreste. En effet, le taux de germination dans l’eau est de 95% contre 24% en terre.(dispersion sous forme d’akènes flottants (3 à 12 jours) puis germination (encore viables après 28 jours dans l’eau)).
Allélopathie :
définition : suppression d’une plante par une autre par l’intermédiaire de composés chimiques
Le pouvoir allélopathique des taxons invasifs de renouée ont été mis en évidence. (Production de stilbènes, anthraquinones et acides cinnamiques ayant des activités phytotoxiques, antifongiques et antibactérienne). Plus faible chez la renouée de Sakhaline, ce pouvoir est important chez la renouée de bohème.
Modification du cycle de l’azote :
la renouée influence le cycle de l’azote en modifiant les activités bactériennes de nitrification et de dénitrification (résultats en cours de publication). En effet, les métabolites présents dans les extraits de rhizomes modifient les activités dénitrifiantes. Ce processus permet à la renouée d’accumuler le nitrate dans sa rhizosphère favorisant ainsi sa croissance et son pouvoir invasif.
Danger de dissémination
Terrassement : les terrassements sont une des causes majeures de dispersion de la renouée. En effet, les engins déplacent involontairement les rhizomes contenus dans les terres infestées sur de nouveaux sites.
Fauchage - broyage : En toute saison, les outils de broyage ou les chenilles des engins peuvent casser, arracher et disperser des fragments de tiges ou de rhizomes. (Broyer ou faucher les zones infestées ne détruit pas la Renouée).
Déchets verts : les déchets verts abandonnés sur les rives des cours d’eau sont une source importante d’introduction des plantes invasives dans les espaces. La renouée qui se reproduit très facilement en période végétative à partir des tiges coupées, repousse sur les sites d’entreposage des déchets verts.
Précautions à prendre
si des actions de fauchage sont réalisées, la totalité des résidus de fauche doivent être soigneusement récupérer pour un brûlage immédiat ou un séchage sur une aire de stockage adaptée sans risque de dispersion, sans contact avec le sol ou l’eau, loin des cours d’eau.
la mise en compost de tout fragment de renouée est à proscrire totalement même si certaines composteries les acceptent (les températures atteintes n’étant pas suffisantes).
les engins ayant roulé ou travaillé sur des terrains contaminés doivent être nettoyés très soigneusement, tout comme les outils. Le jet haute pression est indispensable pour les chenilles et pour les terres humides ou collantes. Le nettoyage doit être réalisé loin des cours d’eau, sur un site déjà infesté, sur une aire bétonnée permettant de récupérer les eaux de lavage et les végétaux.
Localisation sur le bassin versant de la Reyssouze
la carte ci-dessous présente la localisation des massifs de Renouée répertoriés en bordure ou à proximité des principaux cours d’eau du bassin versant.
à savoir :
Reyssouze : communes de Montagnat, Bourg-en-Bresse, Viriat, Attignat, Cras/Reyssouze, Malafretaz, Montrevel, Jayat, St-Julien/Reyssouze, Mantenay-Montlin, Servignat, Gorrevod et Pont-de-Vaux
Dévorah : Bourg-en-Bresse
Reyssouzet : Jayat
Bief Rollin : Dommartin, Chevroux et Gorrevod
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